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Jane Austen

  • L'Héritage d'Anne de Bourgh

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    rosing park, héritage, droit des femmes, Jane Austen, Angleterre, Regency England, anne de bourgh, belote house   Pour savourer pleinement la plume et le génie de Jane Austen, il est parfois important de saisir toutes les subtilités du contexte de l'époque. C'est pourquoi aujourd'hui, je vous parle héritage. Une femme, en Angleterre, à l'époque de Jane Austen, peut-elle hériter ? Lorsque je vous ai posé la question sur la page Facebook, vous avez été 72% à à répondre non et pourtant, pensez à Anne de Bourgh...

       La réponse simple est donc « oui, une femme peut hériter ». En pratique, c’est évidement plus compliqué.

       La règle absolue à l’époque est de protéger à tout prix le domaine, les terres, la maison familiale. Pour cela, on veut être sûr que ces biens ne vont pas être dilapidés ou divisés entre différents héritiers, c’est pourquoi selon la loi, c’est le fils aîné qui hérite de tout ou presque. Pourquoi pas la fille aînée me direz-vous ? Tout simplement parce qu’elle va se marier, donc changer de nom, de famille et ses biens avec. Mais s’il n’y a pas de fils, alors c’est elle qui hérite (là encore, pensez à Anne de Bourgh). Et si les parents meurent sans testament et qu’ils n’ont que des filles, les biens seront partagés entre elles.

       Il y a évidemment une disposition qui peut compliquer encore cela et il s’agit de l’entail querosing park, héritage, droit des femmes, Jane Austen, Angleterre, Regency England, anne de bourgh, belote house l’on retrouve dans Orgueil et Préjugés. Ici il ne s’agit pas d’une loi mais d’une clause de testament renouvelée à chaque héritier. Elle donne la jouissance à vie d’un domaine à un homme sans que ce domaine lui appartienne. Il appartient en réalité d’ores et déjà à ses héritiers mâles. Cela veut dire que non seulement Mr Bennet ne peut pas transmettre sa propriété à sa fille aînée mais il ne peut pas non plus la vendre pour lui donner l’argent. Cette disposition était prise en général soit pour que les biens restent dans la famille (et donc passent par les hommes) soit parfois aussi dans le cas d’un héritier qu’on soupçonnerait d’être capable de tout dilapider.

       Un dernier mot sur les titres. C’est également la loi de la primogéniture qui s’applique ici et seuls les hommes peuvent porter les titres de noblesse héréditaires. Cependant, les femmes peuvent hériter d’un titre dormant, qui sera transmis à leur descendance masculine à venir.

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       Voilà, je crois que j’ai à peu près tout dit. Si j’ai oublié quelque chose, que vous avez des questions ou des rectifications à apporter, n’hésitez pas.

  • Jane Austen et les Traductions Françaises

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    Jane Austen, Jane Austen france, traductions, traductions française, maison d'édition, Isabelle de montolieu   Après avoir fait cette indispensable mise au point sur Facebook, je me dis qu'il est quand même très important d'en laisser une trace, le sujet est trop important, c'est pourquoi j'ai décidé d'en faire également un article ici.

       Nous allons donc parler traduction. Pour résumer, si vous avez lu Jane Austen, dans une traduction antérieure à 1970, vous n'avez jamais lu Jane Austen. Bon je dramatise mais... On me pose régulièrement la question de la traduction à choisir pour lire Jane Austen. Longtemps, je me suis contentée de répondre que je n'étais pas une experte dans ce domaine mais petit à petit je me suis renseignée, j'ai découvert des choses qui m'ont horrifiée et en préparant cet article, je me suis rendue compte que ce n'était que la partie émergée de l'iceberg.Jane Austen, Jane Austen france, traductions, traductions française, maison d'édition, Isabelle de montolieu

       Les premières traductions de Jane Austen en français arrivent très rapidement après sa publication anglaise mais à l'époque, la fidélité à l'oeuvre, c'était pas trop leur truc. Pour commencer, des passages entiers ne sont pas traduits, l'histoire est tronquée, mais il y a pire... Prenons deux cas particuliers.

       Mme de Montolieu. Elle a "traduit" Raisons et Sentiments en 1815 et Persuasion en 1821. Il serait plus juste de dire qu'elle les a adaptés en fait, réécrits, d'ailleurs, seul son nom à elle apparait sur la couverture des livres. Wikipédia le dit très bien donc je les cite : "Mme de Montolieu, à l'imagination romantique et au style plein d'emphase et de sentimentalité, décide d'« enrichir » pour son public la trop sobre élégance du style de Jane Austen. Ainsi, elle « traduit librement » Sense and Sensibility, n'hésitant pas à ajouter des détails de son cru et à réécrire le dénouement. Raison et Sensibilité, ou les Deux Manières d'Aimer Jane Austen, Jane Austen france, traductions, traductions française, maison d'édition, Isabelle de montolieuest un roman rempli de bons sentiments d'où sont gommés l'humour et l'ironie de l'œuvre originale. Isabelle de Montolieu traduit tout aussi librement Persuasion et ajoute, à son habitude, des éléments romanesques et de la sentimentalité." Je sens que vous commencez à comprendre l'étendue du problème.

       Henri Villemain traduit Mansfield Park en 1816. "Le roman est drastiquement raccourcie et le style de Jane Austen est très altéré, voire censuré."

       Alors, je sais, vous vous dites que c'est absolument scandaleux mais que tout cela remonte à deux siècles en arrière. Et c'est là que le pire arrive, et je vous présente toutes mes excuses de mettre fin à vos illusions mais ces traductions sont toujours utilisées aujourd'hui par de différents éditeurs. Et après on s'étonne que Jane Austen passe pour écrire des romances à l'eau de rose... Là où ça se complique encore, c'est que si vous ouvrez votre exemplaire d'Orgueil et Préjugés, je suis prête à parier que vous aurez beaucoup de mal à trouver l'année de la traduction... Je parie également qu'aucune mention ne vous avertira que le texte n'est pas véritablement une version intégrale... Alors comment savoir ? Vous pouvez déjà fuir si vous voyez inscrit Isabelle de Montolieu ouJane Austen, Jane Austen france, traductions, traductions française, maison d'édition, Isabelle de montolieu Henri Villemain, là, où est même pas dans du Jane Austen donc vraiment par pitié, ne les lisez pas. Sachez également que la traduction d'Orgueil et Préjugés de Leconte et Pressoir, tronque des paragraphes entiers, comme celle de Félix Fénéon pour Northanger Abbey ou Pierre de Puligua pour Emma. Après, bien sûr, certains éditeurs utilisent d'anciennes traductions (autres que celles que je viens de citer) mais les complètent et/ou les retravaillent. Difficile alors de dire quelle en est la qualité. De même, je n'ai pas lu et encore moins comparé toutes les traductions récentes, je ne peux donc pas véritablement en juger la qualité mais ces dernières années, la fidélité à l'oeuvre à quand même pris de l'importance. Et si vous cherchez encore quel exemplaire acheter, vous trouverez quelques pistes dans les illustrations de cet article...

       Voilà, et si un éditeur a envie de nous expliquer ses choix, ou pense que je me trompe, je serais vraiment ravie d'en discuter et il peut répondre en commentaire bien sûr.

  • Dans la Cuisine et le Jardin de Jane Austen

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    in the garden with Jane Austen, tea with Jane Austen, Kim Wilson, Jane Austen, Jane Austen France, traditions anglaises, tea time, jardins anglaisTitre : Tea With Jane Austen

    Auteur : Kim Wilson

    Langue : Anglais

    Genre : Vie et traditions autour de Jane Austen

    Note : 4/5

     

    Titre : In the Garden With Jane Austenin the garden with Jane Austen, tea with Jane Austen, Kim Wilson, Jane Austen, Jane Austen France, traditions anglaises, tea time, jardins anglais

    Auteur : Kim Wilson

    Langue : Anglais

    Genre : Vie et traditions autour de Jane Austen

    Note : 3,5/5

     

       Ces deux livres sont du même auteur, reprennent à peu près la même formule et mon avis ne diffère pas tellement de l'un à l'autre, j'ai donc décidé de vous épargner deux chroniques différentes.

       J'ai quand même eu une petite préférence pour le premier, pourtant je suis plutôt jardins anglais que thé mais peut-être que cela vient essentiellement de l'ordre dans lequel je les ai lus. Il y a au sein de chaque ouvrage, quelques répétitions, mais également d'un livre à l'autre. Du coup, je suppose qu'au bout d'un moment, j'ai commencé à me lasser. Celui sur les jardins est écrit plus petit, c'est un détail mais cela joue tout de même sur le confort de lecture et manque cruellement de structure. Les informations sont un peu toutes mélangées, un peu fouillis, comme se doit de l'être un jardin anglais finalement, non ?

       En dehors de ces petits bémols, ce sont deux ouvrages magnifiques, avec de sublimes illustrations, qui se lisent rapidement et qui fourmillent réellement d'anecdotes et d'informations très interessantes sur les traditions de l'époque, les petites choses de la vie de tous les jours :

       Saviez-vous que Jane achetait son thé chez  Richard Twinings, à Londres, que les Austen dînaient entre quinze et dix-sept heures, que Mrs Austen aimait jardiner et que le Syringa était l'un des arbustes favoris de Jane Austen ?

       En prime, vous trouverez pléthore de recettes à tester dans l'un et de conseils de jardinage dans l'autre. Mais si vous voulez un résumé du premier, je vous le livre en exclusivité : rien, absolument rien, n'empêchera jamais un anglais de déguster une bonne tasse de thé dans quelques circonstances que ce soit.

     

    in the garden with jane austen,tea with jane austen,kim wilson,jane austen,jane austen france,traditions anglaises,tea time,jardins anglaisTitre : The Jane Austen Cookbook

    Auteur : Maggie Black & Deirdre le Faye

    Langue : Anglais

    Genre : Vie et Traditions autour de Jane Austen

    Note : 2,5/5

     

       Quelques mot encore pour cet ouvrage qui nous présente des recettes que Jane Austen a certainement eu l'occasion de goûter, certaines étant même extraites du cahier de Martha Lloyd, qui vécu avec Jane. Deirdre le Faye est une très grande spécialiste de notre auteur favori et je n'ai aucun doute sur la qualité des recherches effectuées, sur l'authenticité des recettes ou encore sur le travail de transpositions. 

       Pour autant, je n'ai pas vraiment apprécié cet ouvrage. Il comporte très peu d'illustrations, les textes ne m'ont pas parue passionnants (sûrement parce que je l'ai lu juste après les deux autres et que c'est assez redondant) mais surtout, lorsqu'on en arrive aux recettes, c'est très confus. Je ne savais jamais qui parlait, l'auteur du livre, celui des recettes ?

       Enfin, je n'ai pas testé les recettes mais lire un livre en anglais est déjà un challenge qui demande beaucoup d'attention, comme la réalisation minutieuse d'une recette d'ailleurs, alors combiner les deux... En bref, si je ne devais vous en conseiller qu'un, ce serait sans hésiter Tea with Jane Austen.

     

    Et si vous voulez ajouter "Tea with Jane Austen" à votre PAL, c'est par ici

    et "In the Garden with Jane Austen", c'est par là

    enfin, pour ajouter "The Jane Austen Cookbook" à votre bibliothèque", suivez ce lien...

  • Jane Austen, une Passion Anglaise de Fiona Stafford

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    Jane Austen, une passion anglaise, Jane Austen France, éditions tallandier, Fiona Stafford, biographieTitre : Jane Austen, une Passion Anglaise

    Auteur : Fiona Stafford

    Langue : Français

    Genre : Biographie

    Note : 4/5

     

       Lorsque je me lance dans une nouvelle biographie de Jane Austen, je suis à la fois enthousiaste comme au premier jour et en même temps, je me demande ce que je vais bien pouvoir apprendre de nouveau. Ici, j'ai tout d'abord beaucoup aimé l'écriture de l'auteur et la forme que prend l'ouvrage. Fiona Stafford nous déroule la vie de Jane Austen en la mettant sans cesse en parallèle avec ses écrits. Rien que cela apporte largement un intérêt suffisant à cette lecture. C'est une idée judicieuse et c'est bien fait.

        Autre bonne surprise, elle ne met pas toujours l'accent sur les anecdotes que l'on a lu et relu à maintes reprises et j'ai même eu le plaisir de découvrir une ou deux petites choses qui m'étaient totalement inconnues et ça, croyez-moi, c'est quasiment un exploit. Mon attention a donc été captée de la première à la dernière page sans que je m'ennuie une seule seconde.

       Enfin, l'auteur ne se contente pas de restituer les faits, en digne professeur d'Oxford qu'elle est, elle nous livre essentiellement une analyse du travail de Jane Austen, rapprochée du contexte social, familial et historique. Sur ce point, je suis légèrement plus mitigée. D'abord, je n'ai jamais beaucoup aimé les analyses de texte. Lorsque je passais mon bac français et qu'on devait apprendre par coeur la "signification" de tel ou tel poème de Victor Hugo, je passais mon temps à demander à ma prof si c'était Hugo lui-même qui le lui avait dit (inutile de préciser qu'elle ne m'aimait pas beaucoup). Même si j'aurais donc apprécié que Fiona Stafford insiste plus sur le fait qu'il ne s'agissait évidement que d'hypothèses, ce qu'elle fait peu ou alors lorsqu'elle parle de points de vue différents du sien bizarrement, j'avoue que j'ai malgré tout trouvé cela enrichissant et interessant, bien que j'ai rarement été d'accord avec elle (si vous avez réussi à lire et comprendre cette phrase à rallonge, vous avez méritez un bon point).

       Malgré ce léger bémol, qui ne prend pas plus d'ampleur parce que l'ouvrage est court mais qui m'aurait sûrement beaucoup plus agacé sinon, je vous recommande sans hésiter cet ouvrage qui, en plus, est vraiment très joli. À avoir dans sa collection Jane Austen donc.

       Je ne peux finir sans une petite remarque sur une astérisque du traducteur au début de l'ouvrage. La phrase est la suivante : "le lecteur* ne peut que partager le plaisir de cet instant". Et la précision : "Au sens général, lecteur ou lectrice". Honnêtement, on en est là ? Franchement, je trouve ça affligeant et je ne crois pas une seconde qu'il s'agisse là de féminisme. Voilà, c'est dit.

     

    Et si vous voulez ajouter "Jane Austen, une passion anglaise" à votre PAL, c'est par ici.